Un peu de tout et n’importe quoi … selon l’humeur et la météo. Des faits ou des déclarations, des poèmes ou des dessins, vraiment n’importe quoi, pêché ici et là ! Juste pour le plaisir de ne pas être toujours politiquement correct.

Les effets du confinement

Les cons

Je voudrais commencer par évacuer le double sens de ce mot qui désigne, dans la langue française seulement, à ma connaissance :

– le sexe féminin , le chemin de la naissance de l’humanité, le lieu ou commence et se termine l’innocence, l’endroit dont il est si difficile de sortir au début de la vie et ou il est encore plus difficile d’entrer au crépuscule de l’existence.

 – et  un jugement de valeur par lequel chacun de nous juge un individu, ses attitudes, ses gestes, ses décisions, ses propos par rapport à ce que chacun de nous pense être intellectuellement, socialement, politiquement, économiquement correct.

Les cons (suite)

Est désigné comme con, celui qui se montre stupide, dénué de bon sens, dont l’attitude est inepte. Si, par exemple, j’explique à un con qu’il est impossible de se rapprocher du soleil, sans être calciné, il me répondra : tu n’as qu’a y aller la nuit !.

En général (et je connais plus d’un con en général ), le con est essentiellement celui qui ne pense pas comme moi, qui ne jette pas le même regard sur la société, qui n’utilise pas les mêmes outils, le même langage, les mêmes repères … à savoir, puisque je suis unique, n’importe qui d’autre que moi. Avec, bien entendu le corollaire à cette affirmation : pour n’importe qui d’autre que moi,  je suis un con, sauf s’il est suffisamment con pour ne pas s’en rendre compte.

Si la désignation/définition du con est personnelle, il est toutefois possible de trouver un certain nombre de points sur lesquels existe un consensus. On ne peut être et avoir été ? Bien sûr que si. On peut avoir été con et l’être toujours encore.

En répertoriant la quantité de gens qui ne pensent pas comme moi, qui n’appliquent pas à l’existence la même grille de lecture, je ne les qualifie pas tous de cons. Contrairement à la personne qui peut être éduquée (bête, imbécile, distrait) ou soignée (fou) ou convaincue, et dont l’avis ou l’opinion peuvent être rapprochés des miens (qui eux, sont parfaitement logiques et intelligents), ou qui, à la rigueur, peut me faire concevoir les choses différemment, le con conservera immuablement sa position.

Le con est impératif. Le con sait et affirme sans douter. Je le sais et je l’affirme. Le con ordonne à tous d’être de son avis. Faute de quoi, il les traite de cons.

Les con …notations

 – Si je vois deux crocodiles dans le Rhin et que je m’exclame : « tiens! Lacoste fait des Canoës… » je ne suis pas con, mais stupide au point de pousser l’illogisme jusqu’à l’absurde. On dira : Quel con ! …  (Vous venez de le penser….)

Quel con, dans cette acception du terme, il aura une connotation méprisante basique.

Mais si je dis : les Noirs courent plus vite que les Blancs, je serais un sale con, à connotation raciste, jusqu’à ce que j’ai été forcement rattrapé par les Noirs qui courent plus vite que moi et qui m’enverront derechef à l’hôpital en me traitant de petit con.

On peut remarquer à cet égard que mathématiquement, il existe une bizarrerie géométrique propre aux sales cons : un petit con équivaut à un grand con, ce qui n’est ni Euclidien, ni anatomique. De plus, l’expression «  grand con », est souvent paradoxalement amicale.

Bien entendu, qu’il soit gros, grand, petit et sale, le con ne correspond pas forcement anatomiquement à sa désignation, contrairement à n’importe quel autre objet.

 – A signaler que l’expression « con comme un balais » n’aura pas de connotation raciste, les balais ne représentant pas un frange suffisamment importante de la population, d’autant qu’elle est devenue désuète : dit-on con comme un aspirateur ?

 – Si j’aperçois un homme qui se noie et que je lui jette les deux extrémités de la corde pour être certain qu’il en attrapera au moins une, je suis un pauvre con, bien que possesseur d’une corde, ce qui n’est pas dans les moyens financiers de tout le monde.

– Le con peut l’être fondamentalement (lorsque le terme s’applique aux autres) ou seulement en apparence : avoir l’air con (lorsque j’en suis qualifié personnellement) ou n’être que con sur les bords, ce qui laisse une partie fondamentale de l’être sauvegardée.

Développements philosophiques

Le con est-il une oeuvre d’art ?

L’art, qui résulte de la maîtrise de procédés servant à produire consciemment un certain résultat (la beauté, par exemple) s’oppose à la nature, conçue comme une puissance produisant sans réflexion. Si le con est une oeuvre d’art, cela suppose qu’il ait été produit consciemment par artifice. Or qui voudrait produire un con ?

Le con étant comme chacun de nous, le produit de son environnement social ou familial, on peut en déduire qu’il est une oeuvre d’art collective, les médias lui ayant appris qu’il est possible de laver plus blanc que blanc, ses parents qu’il a le droit de regarder la télévision après avoir fait ses devoirs, et les sondages comment voter, acheter, se comporter. Le con est une ouvre d’art collective qui appartient à ceux qui l’ont faite .

Comment devenir con ?

Le devenir se définit comme le passage d’un état à un autre état, par opposition à l’être immuable et premier.

Si l’on admet (et c’est généralement le cas quand on est pas con), que l’homme trouve son sens dans le regard de l’autre, désigner des cons est une nécessité qui correspond au besoin non seulement de se justifier intellectuellement, mais encore de se situer dans un groupe, dans l’appartenance à une norme. Ce besoin peut se manifester par le renoncement à ce que l’on pense fondamentalement être ce qui constitue son propre Moi, en acceptant les comportements du groupe dont on souhaite momentanément ou définitivement faire partie.

Etre con, est-ce une fin en soi ?

Philosophiquement, la fin en soi est objective, nécessaire, absolue, inconditionnelle ( Kant ) et non une fin subjective, individuelle, par laquelle l’homme tend à atteindre une autre fin plus élevée. L’aveuglement du raisonnement, qui ne se réfère qu’a ses propres  critères, mène autant que l’étouffement du raisonnement propre (voir digression précédente) à une attitude con. Toutefois cet aveuglement enrichira la personnalité de celui qui s’y enferme.

S’il est humainement possible, soit d’accepter d’agrandir le champ des individus que l’on désigne comme étant cons ( bien qu’agrandir le champ soit réservé aux «  ploucs »), soit d’accepter que l’on peut être encore plus con, cette acceptation constitue une fin en soi au sens Kantien du terme.

Peut on comprendre que l’on est con ?

Comprendre, c’est reconnaître la signification d’un objet de pensée, et notamment le symbolisme qu’il véhicule, comme tout langage. La limite de vision du con est son propre regard. Il perçoit néanmoins la réaction désapprobatrice d’autrui qu’il refuse d’appréhender objectivement,

 – comme le chasseur qui massacre allègrement les petits zoiseaux qui passent (et qui autrement mangeraient toutes les graines, même bio, du paysan … et on aurait l’air fin en allant au marché )

 – comme l’écolo qui fait le coup de poing contre le chasseur en chaussures de cuir ( les vaches ont une valeur moindre que les zoiseaux ) ou en chaussures de toiles fabriquées par la World Compagnie en Indonésie, par des petits enfants ( qui se situent entre la vache et les zoiseaux ? )

Le con sait qu’il est con, mais il est trop con pour le comprendre.

A-t-on le choix d’être con ?

« L’irrésolution est une espèce de crainte qui, retenant l’âme comme en balance entre plusieurs actions qu’elle peut faire, est cause qu’elle n’en exécute aucune, et ainsi qu’elle a du temps pour choisir avant de se déterminer »  (Descartes)

Toute personne sait que l’on crée en utilisant un langage ou un outil ou des matériaux et que la plus value de sens, de beauté ou d’usage, apportée à ce que l’on crée, détruit ou pour le moins dénature ce qui a été utilisé. Le choix entre ne rien faire et réfléchir a ce que les autres pourraient faire à notre place, pour ne pas en transformant les choses, modifier le regard que l’on porte sur elles, est un choix conscient.

Donc, agir est con, puisque déstabilisant de l’être, et ne pas agir l’est également puisque le symbole de ce qui aurait pu être fait reste présent dans l’esprit. Nous n’avons donc pas de choix d’être con, nous le sommes, même/et surtout en évitant de se déterminer.

Les cons sont-ils réels ?

Le réel s’oppose au l’apparent, à l’illusoire, au fictif, au virtuel. Le réel concerne un objet défini, logique et permanent, autonome, existant en dehors de mon champ de connaissance, de conscience ou de pensée, à l’exception du verre de bière de Robert.

Comme mon champ de connaissance est limité ( forcément, puisque je suis con…voir plus haut …ou lire ce texte ), les cons peuvent exister en dehors de ma conscience ( comme bien d’autres choses d’ailleurs )… sauf le verre de bière de Robert puisqu’il a tout bu.

Le Bouddhisme enseigne comment sortir de soi, contrairement à Freud dont le travail consiste à enseigner comment entrer en soi-même. Voir agir les cons et se voir agir soi même, constitue la clé motivant la volonté de recevoir l’un ou l’autre de ces enseignements. Oui, mais si la clé n’est pas réelle comme le verre de bière ? Elle agit sur moi malgré tout, me fait réfléchir, écrire ce genre de conneries, écouter celles des autres, comme tout ce qui se présente à ma conscience. Donc les cons existent, même s’ils ne sont pas. Et l’existant est réel, même s’il n’a pas d’étant. Sauf pour aller à la pêche