Le sujet n’est pas nouveau, même s’il n’a pas vraiment fait l’objet de débats approfondis. Les ferme-auberges propriété de la Communauté de Communes, La Perheux et Bambois, s’imposent dans un paysage financier de plus en plus contraint …

La ferme auberge de la Perheux

(Article DNA du 22.12.2021)

Les dossiers qui ont animé les débats, lundi soir, lors de la rencontre des délégués intercommunaux, à La Broque ne prêtaient paradoxalement pas à vote. Mais ils concernaient le bas de laine de la collectivité ; ceci expliquant assez cela.

La CCVB (communauté de communes de la vallée de la Bruche) a-t-elle vocation à posséder des fermes-auberges, à les entretenir et à y effectuer des travaux ?

Son président, Jean-Bernard Pannekeocke estime que oui. Des délégués bruchois, maires de communes, pensent que non. Courtois, le débat n’en a pas moins été animé, lundi soir, à la salle polyvalente de La Broque.

Après une entrée en matière par le président de l’intercommunalité, la parole a été donnée au spécialiste environnement, paysage, agriculture de la communauté de communes, Jean-Sébastien Laumond. Celui-ci a expliqué les deux scénarios concernant la ferme-auberge de la Perheux, actuellement exploitée par deux frères et une sœur, Violette, Per-Loup et Léon Botter. Tous trois paient un loyer à la CCVB pour l’utilisation des locaux d’habitation et des outils de travail.

Mais la ferme a besoin d’une bonne cure de rafraîchissement. Jean-Sébastien Laumond a rappelé que le site et ses abords entraient « dans la politique paysagère intercommunale. Ce programme de rénovation en fait donc partie ». La ferme-auberge s’inscrit dans une volonté de faire revivre un secteur qui avait tendance à s’enfricher. Il est souhaité, désormais, y pérenniser une activité d’élevage de montagne, avec ses pendants que sont les produits de la ferme et l’accueil touristique, tout en respectant les milieux naturels. Depuis 1993, cette dynamique avait tout d’abord été lancée en un programme paysager communal, a souligné Jean-Sébastien Laumond. Au final, 80 hectares de pâturages ont ainsi été remis en fonction et 20 autres vont suivre.

Un programme à 1,2 million d’euros ou le minimum syndical ?

Première option de rénovation : la CCVB agit en propriétaire « simple » et rénove l’habitation et l’outil de travail « pour qu’ils soient accueillants ».

Deuxième possibilité : la communauté de communes porte un projet plus conséquent, en s’inscrivant dans des programmes de soutien financier. Elle peut alors envisager de moderniser l’habitation et de la rendre confortable. Mais elle peut aussi porter la capacité actuelle de 40 couverts à 60 ou 70 et aménager les combles au-dessus de l’actuelle salle de restaurant, pour créer des chambres pour de l’hébergement touristique. Les outils de travail liés à l’activité de transformation des produits et de restauration seront à améliorer, « pour assurer de bonnes conditions de travail et garantir des produits de qualité ».

Les travaux, dans la première option, se monteraient à environ 575 000 €. Les subventions qui pourraient être mobilisées seraient de l’ordre de 172 500 €. Le reste à charge pour la CCVB s’élèverait donc à 402 500 €. Dans le deuxième cas de figure, le programme estimatif serait d’environ 1,2 M€, avec des aides de près de 900 000 €. Le solde à régler par l’intercommunalité avoisinerait les 300 000 €.

Après la présentation, la parole a été laissée à la salle. Les maires de Fouday (Maurice Guidat) et de Grandfontaine (Philippe Remy) ont fait part de leurs fortes réticences quant à ce projet. Pour le maire de Fouday, ce n’est pas à la CCVB de gérer des fermes-auberges. André Wolff, maire de Neuviller-la-Roche s’est montré également perplexe. Le maire de Wildersbach, Jacques Michel, commune sur laquelle se situe le site de la Perheux, aura été d’un avis tout contraire : « C’est le moment de se lancer ! Tout le monde pourra en profiter. Je pense que c’est un rendez-vous à ne pas manquer…».

Au final, Jean-Bernard Pannekoecke a dit que les deux options seront étudiées et que ce dossier reviendrait donc pour être mis aux voix, cette fois, en 2022. « Il faut que ce soit un projet de territoire, qu’il corresponde aux locataires et que ceux-ci en soient partie prenante ».

L’autre dossier qui serait susceptible de mobiliser des fonds de la CCVB concerne un village proche, au pied, lui aussi, du col de la Perheux : Waldersbach. « Une maison est en vente. Elle a accueilli la première école de France, créée par le pasteur Oberlin », a argumenté le président de la communauté de communes. « Voire la première d’Europe, ouverte en 1771, quatre ans après l’arrivée du pasteur au Ban de La Roche », a ajouté la vice-présidente de la CCVB, Alice Morel. « Que fait-on ? », a interrogé, en substance, Jean-Bernard Pannekoecke. Sous-entendu : est-ce que l’idée d’un achat immobilier, mais avec un projet de faire vivre cette maison, au travers du musée Oberlin, serait une bonne idée ? Le débat reprendra après la trêve des confiseurs…

(DNA/JS-Arnold- 22.12.2021)

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