Jean Vogel Maire de Saâles

Entre grès et granite, Saâles, route du sel depuis l’époque gauloise, est une commune d’Alsace, du Bas Rhin, posée sur un col des Vosges. Ce passage entre St Dié et Strasbourg cultive une terre pauvre faite pour le seigle ou les résineux. La tempête de 1999 balaya en un tour de vent une partie de la forêt. Elle retourna la terre, les esprits et fit entrer la lumière dans des habitations où le soleil, masqué par ces grands futs, ne frappait pas aux volets avant 11h.Les mentalités sapinières se réinventèrent. Obligées. Un maire visionnaire, amoureux fou de son territoire, Jean Vogel producteur de petits fruits de qualité, bâtit avec la population un rempart au renoncement si fréquent en zone rurale. Saâles et ses 850 habitants allaient vivre, attirer de nouveaux habitants, garder l’école, lutter contre les lois ruralicides qui découragent les meilleures volontés, prendre soin de ses eaux non polluées, s’ouvrir aux énergies renouvelables, planter des arbres fruitiers, recycler. Fabriquer du « bien être » ensemble est la boussole de ce maire qui termine son 4e et dernier mandat.

Comment maintenir une population en évitant de prendre de la terre agricole et faire un lotissement ? Comment transformer les contraintes en chance ? Comment l’étranger n’est pas l’ennemi mais une richesse ? Comment résister ?   « Quand on est un village éloigné, il faut avoir l’habitude de crier fort pour être entendu par les décideurs de la vallée ! »

 A la lisière de la forêt qui a longtemps structuré le regard et l’avenir, cet agronome a beaucoup appris des peuples africains.  Bien avant qu’on parle de démocratie participative, il a su déléguer, écouter et mettre ses administrés autour de la table pour créer un projet de territoire.

« Les incroyables développements réalisés ces 25 dernières années à Saâles et dans beaucoup d’autres villages ne seront plus possibles demain, si nous ne réorientons pas notre politique ». A Saâles, on plante des arbres, il pousse des idées.

Denis Cheissoux s’est promené entre 500 et 800 m avec Jean Vogel qui a écrit « L’appel de Saâles » préfacé par Axel Khan / Ed. La nuée bleue.

       
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