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La scierie haut-fer de Ranrupt

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Les scieries de ce genre sont rares en Europe. Ce qui vaut à celle de Ranrupt d’être classée aux monuments historiques. Âgée de plus de 200 ans, elle a derrière elle un riche passé que Lucien Lejal aime faire partager aux visiteurs. Une histoire qui reflète la vie d’antan dans la vallée.

Les quelques automobilistes qui circulent entre Ranrupt et Colroy-la-Roche passent devant sans y prêter attention. Et pourtant, la scierie bicentenaire et classée monument historique de puis 1995 mérite le coup d’œil.

Créée en 1800, elle appartenait à cette époque aux deux communes. C’est une quarantaine d’années plus tard que Colroy-la-Roche accepte de la céder à sa voisine en échange d’une parcelle forestière. Une histoire que Lucien Lejal aime raconter aux touristes lors des deux visites hebdomadaires estivales du site (*).

Il revient ainsi sur son fonctionnement : la façon dont l’eau détournée de la rivière fait tourner le moulin hydraulique, le long processus de rouages qui met en marche le haut-fer permettant ainsi de scier des troncs pour en faire des planches destinées à la construction des maisons aux alentours.

110824.Ranrupt.Scierie2Un travail de titan réalisé par un unique homme : le sagard, le scieur de bois du village. C’est après des travaux réalisés en 1884 par l’architecte Philippe-Auguste Brion, pour rendre la scierie plus performante, que cet ouvrier communal a pu s’installer sur son lieu de travail avec sa famille.Toute la journée passée dans le bruit et la poussière, il ne devait pas être facile pour le maître des lieux de se reposer dans le petit logement de deux pièces (chambre et salle à manger) situées juste à côté de la grande scie. « Il y a eu jusqu’à six personnes à vivre dedans », souligne le guide. Une promiscuité qui avait au moins l’avantage de pouvoir se tenir chaud l’hiver. Une petite trappe au plancher servait aussi de chauffage en laissant monter la chaleur émise par les bœufs et les vaches parqués en dessous. La scierie communale a évolué, notamment avec la construction d’une conduite forcée reliée à une turbine. « Cela a permis de travailler des matériaux plus fins comme des lattes ou des planches plus légères et de limiter les pertes de bois », poursuit le guide. Elle a ainsi tourné jusqu’en 1992.

Depuis, le silence des lieux n’était rompu que lors des journées du patrimoine, quand la scierie était remise en route pour les visiteurs. Mais un acte de malveillance commis il y a deux ans l’a rendue complètement muette. « Des personnes ont ouvert les vannes. Le débit d’eau trop important a fait tanguer la roue qui s’est brisée en partie contre des barres de sécurité. Il faudrait entre 5 000 et 10 000 € pour la réparer… » Une somme trop importante actuellement pour la fondation du patrimoine et la commune.

Cela n’empêchera pas d’accueillir à nouveau le public avec de nombreuses animations autour du bois lors des prochaines journées du patrimoine. Quant à ceux qui ne souhaitent pas attendre pour visiter le site, Lucien Lejal se fera un plaisir de les accueillir pour les faire voyager vers une époque où il ne fallait pas avoir peur d’en scier ! (G. Baron)

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