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Qui veut changer de maire ?


Les électeurs ont nettement manifesté leur désir de changement, et selon une récente enquête cela concernerait aussi les maires. En effet une étude du sénat de début 2018 révèle que 45% des maires souhaitent raccrocher à la fin du mandat. Ce qui tombe bien, car un sondage publié le 2 juillet précise que 55% des Français souhaitent changer de maire 2020 ! Et de manière paradoxale, 62% des sondés se déclarent satisfaits de leur municipalité …

Toujours selon le même sondage, qui amplifie les données recueillies en 2017, ce qui va compter le plus pour les Français : la sécurité (43%), les impôts locaux (41%) et les dépenses de la municipalité (32%).

Et à propos d’impôts locaux, nous venons d’entrer dans une extraordinaire opération de communication du gouvernement qui a pour but de rendre les maires responsables de tous les maux. En cause, la baisse de la taxe d’habitation. Certaines municipalités ont augmenté le taux de la taxe d’habitation, rendant ainsi illisible la baisse tellement vantée par nos ministres, avec en tête le premier d’entre-eux accompagné par le ministre des Comptes Publics : « Je félicite les maires qui n’ont pas augmenté … ». Ce qui traduit en langage courant signifie : « Honte à ceux qui l’on fait ». Ce qui démontre une parfaite mauvaise foi, surtout de la part d’un premier ministre qui était encore maire il y a peu de temps.

Sans parler de Twitter et du #BalanceTonMaire, bien dans l’air du temps.

Rétablissons un peu la réalité :

  • Ce n’est pas le maire qui décide, mais le conseil municipal, sur la proposition de budget de la commission municipale des finances.
  • Les taux des taxes locales sont connus depuis le premier trimestre de l’année, période pendant laquelle est voté le budget communal. Le gouvernement a l’air de le découvrir quand les Français reçoivent leur avis d’imposition …
  • Les communes qui augmentent les taxes locales le font par extrême nécessité : comment financer les travaux indispensables, alors que l’Etat baisse drastiquement les subventions ?
  • Peut-on reprocher à nos communes rurales de trop dépenser ? Leur reprocher un train de vie ? Reprocher aux élus locaux d’être disponibles jour et nuit pour quelques euros ?
  • Et sur le fond, il ne s’agit même pas d’une suppression de la taxe d’habitation, mais d’une exonération, la taxe existant toujours.

Le maire bouc émissaire ? Soit, mais alors je souhaite qu’il y ait encore en 2020 suffisamment d’inconscients pour se présenter aux prochaines élections municipales.

Un courrier aux maires du sénateur Guy-Dominique Kennel

Je tenais à vous dire que, comme vous, j’ai été particulièrement choqué par le mouvement de stigmatisation à l’encontre des maires, à propos de la taxe d’habitation. C’est en réalité une vindicte lancée par la majorité LREM et le Gouvernement contre les maires.

Cet acte grave ne trompe personne, mais il n’en est pas moins lâche. Non seulement les élus de terrain deviennent des boucs émissaires alors qu’ils sont déjà en première ligne et rendent directement et chaque jour des comptes à leurs administrés, mais surtout, le Gouvernement ne peut pas nier avoir été alerté de longue date sur les conséquences néfastes de la suppression de la taxe d’habitation. Le Gouvernement et sa majorité pointent du doigt les maires qui ne « joueraient pas le jeu » alors que ces derniers, loin des considérations politiques, tentent uniquement et simplement  d’accomplir leurs missions dans un contexte de baisse de leurs moyens.

Encore une fois, l’Etat n’a pas tenu compte des signaux envoyés par les territoires et se cache derrière des promesses de campagne qui, in fine, ne favorisent personne. Une fois de plus, le mépris des territoires et de ses élus est clairement affiché par la majorité gouvernementale. 

Pour ma part, je continuerai à combattre cette mesure, et surtout je m’élèverai contre cette vindicte injuste et antidémocratique.

Guy-Dominique Kennel, Sénateur du Bas-Rhin

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