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L’Histoire

BandelaRocheAnimées d’abord par l’exploitation du minerai de fer et la métallurgie, puis par l’industrie textile, dont témoignent de nombreuses friches industrielles, maintenant lieu de résidence de travailleurs migrant chaque jour vers la région de Molsheim et l’agglomération strasbourgeoise, les vallées de montagne constituant la Haute-Bruche, très fréquentées par les touristes, du week-end et de séjour, se revendiquent alsaciennes et vosgiennes.

Une frontière linguistique fut longtemps évidente entre Lutzelhouse et Wisches, le dialecte welche prédominant en aval (où il côtoyait cependant l’alsacien en certains endroits). Dans la vallée principale et dans les vallées afférentes, des pratiques religieuses (catholiques, protestants luthériens ou réformés, anabaptistes) et les appartenances seigneuriales renforçaient, par ailleurs, les communautarismes locaux, favorisés par le cloisonnement géographique et les difficultés de communication.

L’implantation actuelle des localités reflète, pour une grande part, une organisation qui se dessina au XIXe siècle. Alors que se développaient les cités arrosées par la Bruche (Schirmeck, la plus importante, industrielle et commerçante, La Broque, Rothau, Saâles), les villages aux nombreux écarts des vallées secondaires se transformaient avec la multiplication de petites fabriques fonctionnant grâce à la force motrice des affluents (Natzwiller, Bourg-Bruche, Waldersbach, par exemple). Les scieries, modernisées avec l’apparition des machines à vapeur, vers 1850, et les exploitations de carrières contribuèrent au développement d’une population d’ouvriers-paysans qui se perpétua jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (l’activité textile a disparu et il ne reste qu’une carrière en exploitation, à Champenay).

Il subsiste peu de témoignages architecturaux d’un Moyen Âge mouvementé, au cours duquel la Haute-Bruche se trouva divisée en plusieurs seigneuries, l’évêché de Strasbourg possédant la plupart des localités situées sur la rive droite de la Bruche. Les villages installés sur la rive gauche, de Grandfontaine à Plaine, dépendirent de l’abbaye de Senones, puis furent dévolus aux princes de Salm, qui allaient être faits princes de l’Empire en 1623.

Les localités du sud de l’actuel canton de Saâles (on orthographie aussi Saales) dépendaient de la seigneurie du Val de Villé. Autrefois, un cheminement carrossable héritier de la voie des Saulniers reliait Saâles à Villé, par le col de Steige. Les localité de la rive gauche de la Bruche de Plaine à La Broque et Grandfontaine ont appartenu au comté de Salm, puis principauté de Salm-Salm. Plusieurs localités de la rive droite ont appartenu à la seigneurie du Ban de la Roche. Au nord, les possessions sont plus contrastées.

Le Ban de la Roche rendu célèbre pas le pasteur pédagogue Oberlin, dont le territoire au relief montueux s’étend sur environ 50 km², est un exemple des anciens microcosmes de la Haute-Bruche, jadis rudes et fermés.

La guerre de 1870, qui entraîna l’annexion des cantons de Schirmeck et de Saâles à l’Empire allemand, jusqu’en 1918, puis la Grande Guerre, sanglante et dévastatrice (plusieurs cimetières militaires et des nécropoles le rappellent), ont durement marqué la Haute-Bruche. C’est évoqué de façon très documentée au Mémorial d’Alsace-Moselle, à Schirmeck. En 1941, les nazis ont établi un camp de concentration au Struthof,  à peu de distance dNatzwiller, alors que la région était à nouveau annexée. Ils ont établi également un camp dit de transit, parfois encore plus peuplé que le premier, à Schirmeck même.

Le territoire dénommé habituellement Haute-Bruche, dorénavant celui de la communauté de communes de la Haute-Bruche, totalise plus de 20 000 habitants dans 26 communes.

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