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Vision paysagée chez nos voisins allemands

Bermersbach2

Dernier volet de la démarche initiée par la communauté de communes de la Vallée de la Bruche qui poursuit une politique paysagère engagée depuis 25 ans. Afin de réagir à la déprise agricole des années 60, qui s’est traduite par une fermeture rapide des paysages, avec la volonté d’associer la qualité des paysages à la qualité du cadre de vie, et la qualité des milieux à, « in fine », la qualité des produits agricoles et touristiques.

Le programme débuta par des rencontres en Haute Bruche lors de cinq journées, de mai à septembre 2011, sur les thèmes du « Paysage ouvert et qualité environnementale » et de « l’agroforesterie ». La deuxième phase fut consacrée à des rencontres et des échanges d’expériences avec d’autres territoires : le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges et le Parc Naturel régional des Vosges du Nord, avant d’aborder lors de cette dernière journée les réalisations de nos voisins de Forêt-Noire.

C’est ainsi que le 24 avril, une trentaine de participants ont rencontré des agriculteurs allemands dans un programme préparé par Rainer Oppermann, directeur de l’IFAB (Institut für Agrarökologie und Biodiversität) de Mannheim. Cet institut accompagne des projets de développement agricole par des analyses écologiques et environnementales, par des expériences sur les techniques agricoles, ainsi que par des évaluations et des conseils. 

La première étape sera pour Bermersbach, dans la vallée de Murgtal, près de Baden-Baden. Cette vallée n’est habitée que depuis 600 ans, car les conditions de culture et d’élevage y sont difficiles. Et dans les années 50, la population s’est orientée vers l’industrie, délaissant les terres. Sur les 250 hectares de terres cultivables, il n’en restait plus qu’une cinquantaine découverts, la forêt envahissant le reste. L’impact sur la qualité de vie et le tourisme était très important, devenant une préoccupation souvent exprimée par les habitants. Une première initiative citoyenne s’attelle au nettoyage de 3,5 hectares, avec la volonté de trouver un usage et pérenniser ces prairies reconquises. En 1998, l’association des Amis des Chèvres est créée, réhabilitant plus de 60 ha qui seront entretenus par des chèvres. Le choix s’est porté sur la race Buren, robuste et paisible, qui est gourmande de buissons et de chardons. Un « sentier des chèvres«  est ouvert au public où l’on peut cheminer sur cinq kilomètres, depuis Forbach pour remonter vers le village de Bermersbach. Les visiteurs y sont accompagnés de tout le troupeau, au cœur d’un paysage de prairies dévalant les pentes parsemées de petits chalets traditionnels en bois destinés au stockage du foin. A noter que les chèvres ont une existence fort paisible, ne connaissent pas la traite ni le boucher, car elles sont destinées à mourir de vieillesse, câlinées par les touristes de mai à octobre. Au départ, l’initiative avait comme seul but de défricher un fond de vallée. Ce fut un vrai succès qui a attiré de nouveaux adhérents, et cette action est aujourd’hui un vrai projet de développement local.

Le chapitre suivant est dans l’onglet ci-dessous !

[symple_toggle title= »Chapitre 2 → BAD HERRENALB »]

La seconde partie du programme avait pour but de découvrir les actions agro-environnementales menées en Bade-Würtemberg, en particulier à Bad Herrenalb, commune de 7 500 habitants, dans l’arrondissement de Calw.

Prairie.Fleurie2L’agriculture intensive a entraîné une modification des paysages qui s’étendent souvent uniformes et monotones. Pour lutter contre cette tendance, des initiatives ont été prises, tels les concours de « Prairies fleuries », qui ont vu le jour en Autriche, Suisse et Allemagne depuis une quinzaine d’années. La région de Calw organise ce concours en 2011 pour la deuxième fois. A la mairie de Bad Herrenalb, le programme « Zur Verbesserung der Umwelt und der Landschaft » est expliqué par une représentante de la sous-préfecture. Les paysages ont une valeur patrimoniale qu’il s’agit de valoriser. Les deux tiers des exploitations de la région de Calw, 34 prairies, participent au concours qui est financé à parts égales par le Land et par l’Europe. Soit au total 110 M€ pour le Land, dont 1,345 M€ localement. Il est à noter que les prairies sont souvent très pentues, et que leur entretien est réalisé par idéalisme, la rentabilité semblant exclue.

Dans la pratique, 26% des surfaces du territoire sont des terres agricoles. Pendant la période 2003/2005, une cartographie a été réalisée sur le territoire par des experts, définissant environ 9 000 ha de prairies, dont 80% sont participantes. Les paysages sont évalués par un jury composé de différents acteurs issus de l’administration et du monde agricole. Il est tenu compte de la nature des terrains, entre plaine et montagne, des sols acides ou calcaires qui seront plus colorés. Parmi les critères d’évaluation : le nombre d’espèces, la valeur écologique, la densité, la présence de plantes toxiques, …

Le Bade-Wûrtemberg compte près de 50 000 agriculteurs, dont 10 000 auront participé aux différents programmes développés avec de nombreuses associations, telles que les Amis de la Nature ou encore les Randonneurs.

Ces initiatives amènent une réflexion globale sur l’environnement et tempèrent une démarche agricole essentiellement productiviste. Tendance qui semblerait vouloir se développer en Europe, ce qui réjouit grandement Rainer Oppermann qui s’en était fait l’ardent porte-parole auprès de ses visiteurs français.

La Com Com Haute Bruche assure désormais un rôle d’opérateur « Mesures agro-environnementales (MAET) sur son territoire pour conforter les pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Pour la période 2012/2016 il est proposé aux agriculteurs la possibilité de contractualiser une mesure « Prairie Fleurie ». Le concept repose sur une méthode simple pour mesurer la biodiversité des prairies naturelles. Il s’agit d’observer les plantes indicatrices, dont une liste de 31 espèces ou genres a été établie par les agriculteurs et les botanistes. De nombreuses valeurs sont portées par les prairies fleuries. Les prairies permanentes enrichissent le paysage, et sont la ressource principale pour l’alimentation des troupeaux. De plus, une richesse floristique des herbages soutient une production agricole de qualité, en particulier les propriétés organoleptiques et nutritionnelles des fromages et des miels. (Alain Grisé)  [/symple_toggle]

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