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Les AFP

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La communauté de communes mène depuis plus de vingt ans une démarche de développement local intégrant une politique paysagère intercommunale active et très partagée sur la réouverture des paysages et sur leur appropriation collective. Cette approche a permis de proposer un projet structurant et équitable pour toutes les communes de la communauté, qui peut se décliner sur tout l’espace et apporte une plus-value perçue par les communes et les habitants.

Pour tous ses projets, la communauté met en œuvre une démarche qui consiste à réunir en préalable les acteurs, les habitants ; l’objectif est de partager des idées et de créer des liens qui s’inscriront alors dans la durée. L’action vient ensuite concrétiser le projet qui réalimente la réflexion et réenclenche ainsi d’autres projets.

L’outil AFP (association foncière pastorale) a été utilisé pour travailler sur le cadre de vie, envisagé selon la trilogie : qualité des paysages / qualité des milieux naturels / qualité des produits. Un chargé de mission présent depuis le début de la démarche a permis une animation et une présence constante sur le terrain, facteur qui garantit une continuité et une cohérence de l’action.

Aujourd’hui, le bilan est très positif : vingt AFP et des fermes relais ont été créées ; l’agriculture locale se trouve confortée grâce à cette démarche et peut à présent se développer ; une explicitation des rapports entre paysage, environnement et biodiversité ; des sessions de formation pour les élus ont été organisées ; des outils pour le grand public ont été mis en place pour diffuser une culture partagée du paysage ordinaire ; une OPAH a été mise en place sur la réhabilitation du patrimoine bâti…

Ce travail et ce savoir-faire évoluent maintenant vers de nouvelles thématiques : la lutte contre l’étalement urbain, l’équilibre et les articulations à trouver entre développement urbain et agriculture, la réutilisation d’espaces stratégiques occupés par des friches industrielles, la réalisation d’outils de type PADD supracommunaux à l’échelle de structures paysagères cohérentes, la sensibilisation des nouveaux habitants et des professionnels aux enjeux du paysage bâti…

L’approche paysagère pour la réouverture des franges bâties enfrichées a permis de leur redonner une valeur sociale, agricole, économique… qui justifie aujourd’hui leur maintien en tant qu’espaces ouverts et vivants. Cela permet d’aborder plus facilement la densification des zones déjà urbanisées, un sujet plus difficile à faire accepter et à mettre en œuvre. Outre la démarche, ses résultats et ses évolutions, cette expérience met aussi en avant l’importance de donner du temps à l’appropriation et à l’action sur les territoires.

(Extrait de « Penser le Territoire par le paysage. Expérience de la CCHB)

Le dossier complet sur « Réseau de territoires de Mairieconseils »

 

Au coeur des paysages de la Vallée de la Bruche

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Enracinées entre deux prés, les sapinières du Ban de la Roche semblent avoir toujours existé. Avant les années 60, cet ensemble de communes de la Haute-Bruche n’était pourtant entouré que de champs, de prairies et de vaches. Un paysage typique d’un pastoralisme aujourd’hui disparu. « Peu à peu, les paysans ont abandonné leurs terres et vendu leurs animaux. Les municipalités ont alors décidé de planter tous ces épicéas pour en exploiter le bois », raconte Nicole Lignel qui a grandi dans le village de Belmont. Avec sa famille, elle est aujourd’hui à la tête de la ferme des fougères et participe activement aux réouvertures de paysages dans le secteur. « Il y avait de grands arbres partout, le village de Belmont était enfermé au milieu de la sapinière, complètement enclavé. » Les plantations d’épicéas se sont avérées être un mauvais choix. L’acidité du sapin a contaminé les sols en les rendant infertiles, compliquant la reconversion des terres. De plus, l’arbre est très vite devenu trop cher à exploiter pour son seul bois.

Depuis 25 ans, les habitants et les paysans de la vallée de la Bruche travaillent ensemble à la réintroduction progressive des prairies d’altitude. Ces réouvertures de paysages sont assurées par une vingtaine d’associations foncières pastorales (AFP), dont la première a été créée en 1987, et ont permis de gagner 500 hectares de nouvelles prairies.

En plus d’offrir au promeneur des points de vue remarquables sur toute la vallée, ces étendues de verdure servent de pâturages aux agriculteurs locaux, de plus en plus nombreux. « C’était important pour nous de relancer les activités agricoles ici, souligne Nicole Lignel. C’est un peu donnant-donnant, nous fournissons des pâturages pour les vaches ou les moutons, et eux entretiennent les prairies pour éviter que la forêt ne reprenne ses droits. » L’AFP de la cloche d’argent, sur la commune de Belmont, existe depuis 10 ans et héberge une centaine de vaches. Une extension est en cours de réalisation, en grignotant toujours sur la sapinière voisine.

En tant que garants de ce cadre de vie très apprécié des habitants, les AFP profitent du soutien des élus locaux et de subventions de la Région Alsace. L’équilibre du paysage, quelque part entre habitations, forêts et prairies, est également une attraction touristique à part entière. (DNA-11/08/2012)

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