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De la démocratie …


 

Quel sera ce débat voulu par le président ? Avec quels interlocuteurs, et avec quels sujets, tous azimuts ou bien encadrés ?

Nous voici dans une période qualifiée d’ordre et de concertation. D’où cette grande consultation nationale, avec l’ouverture de cahiers de doléances (et de propositions) qui devront alimenter un grand débat.

Le profond mécontentement qui se manifeste toujours, même si les plus modérés sont rentrés à la maison, n’est plus représenté que par une frange radicale qui semble noyautée par des extrêmes … pour qui la situation est du pain béni.

Quoi qu’il en soit, nul ne peut méconnaître ce mouvement surgit des réseaux sociaux et qui est l’expression d’un profond malaise. Malaise réel, qui se traduit par un extraordiaire catalogue de revendications à géométrie variable. Tout y est, tout ce qui fait que notre société est inégalitaire : le pouvoir éloigné du peuple, une élite souvent arrogante, des riches toujours plus riches et fiscalement favorisés, les salaires et les pensions, les prélèvements fiscaux, les régimes de retraite, la représentation électorale, … 

La société a toujours été inégalitaire, quelque soit le système, de droite ou de gauche, libéral ou collectif, même si intellectuellement les sensibilités de gauche déclarent vouloir plus d’équité.

Il y aura toujours des riches, des moins riches, des pauvres et des très pauvres. Il y aura toujours une élite dirigeante et les autres, avec une gouvernance plus ou moins forte.

Au fait, c’est quoi la démocratie ? Selon Churchill « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé. »

Donc, nous sommes en présence d’un mouvement revendicatif spontané, ou presque, non structuré, et refusant tout leader. Dès que l’un s’autoproclame, on lui coupe la tête ! Dans ce cas il est bien difficile de discuter, et donc d’obtenir de réels résultats. Devant des revendications exprimées plus ou moins brutalement, le gouvernement a saupoudré quelques milliards, qui seront d’ailleurs financés par la dette. Mais cela change-t-il les inégalités et la gouvernance de notre pays ? Bien sûr que non.

Bien que nouvelle dans sa forme, cette manifestation ne sera qu’une péripétie de plus dans l’histoire de notre pays. Le mouvement s’essouffle et le gouvernement le sait bien. Par ailleurs, les révolutions sont plus abouties en été, ou lorsqu’elles se vivent dans des contrées au climat favorable.

Certains gilets jaunes, parmi les modérés, sont conscients de leur manque de représentativité. A Schirmeck, une association se crée. D’autres apparaîtront, et elles auront besoin de se fédérer. Verra-t-on surgir un nouveau parti, celui du peuple, tel les « Cinque Stelle » italiennes ? Donc une « autre élite » !

De Gaulle déclarait : « Tout Français désire bénéficier d’un ou plusieurs privilèges. C’est sa façon d’affirmer sa passion pour l’égalité »

Une meilleure répartition des richesses est très naturellement souhaitée. Les régimes collectivistes passés et actuels ont failli économiquement et se sont transformés en dictatures, ce qui n’était sans doute pas le but recherché.

C’est dans notre pays que les prélèvements obligatoires sont les plus élevés, mais c’est également le pays qui sert les prestations sociales les plus élevées. D’où les exigences incompatibles de moins d’impôt, mais de plus de prestations.

Des réformes importantes sont indispensables, dans presque tous les domaines. Par contre, elles ne seront pas s’il n’y a pas de réelle concertation avec la base du pays. Evitons une fois pour toute la création des fameuses commissions « Théodule »dont le seul rôle a toujours été d’enterrer les projets (plus de 600 commissions uniquement pour l’Assemblée Nationale)

Faut-il être optimiste ou pessimiste ? 

Plus de démocratie directe passera sans doute par une décentralisation réelle, ce qui a toujours été bien difficile à concevoir pour nos élites parisiennes. Et puis, peut-être plus de proportionnelle, même si cela complique un peu les choses ?

Il est également rassurant de voir que les bataillons de jeunes énarques qui peuplent l’Elysée et Matignon, viennent de découvrir qu’il y avait des élus de terrain. Mais j’ai l’impression que ceux-ci, les maires en particulier, ne seront pas dupes, et qu’ils ne voudront pas jouer, ni les pompiers, ni être la caution d’une équipe gouvernante en grande difficulté.

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